L'or est considéré comme « indestructible ». Il ne rouille pas, ne se corrode pratiquement pas et ne réagit presque pas avec de nombreuses substances. C'est précisément cette inertie qui fait de l'or, encore aujourd'hui, un symbole de pérennité – et, en période d'incertitude, une matière première particulièrement surveillée. Il est d'autant plus fascinant qu'il existe un liquide classique capable de dompter l'or : l'eau régale.
Le 9 avril 1940, jour de l'invasion de Copenhague par les troupes allemandes, deux médailles d'or du prix Nobel étaient conservées dans l'entourage de Niels Bohr : les distinctions de Max von Laue (1914) et de James Franck (1925). Ces deux médailles représentaient plus que du métal ; elles étaient les preuves de noms, d'engagements et d'origines – et donc potentiellement mortelles sous une dictature. Le projet de simplement cacher l'or était risqué. On opta donc pour une solution qui n'était pas politique, mais chimique.
L'associé de Bohr, George de Hevesy, suggéra non pas de cacher les médailles, mais de les dissoudre. Ce qui ressemble à un acte de destruction était en réalité un acte de préservation. Car l'or ne disparaît pas – il change d'état.
L'eau régale est un mélange d'acide nitrique concentré et d'acide chlorhydrique, classiquement dans un rapport de 1 pour 3. Chaque acide pris isolément n'attaque pratiquement pas l'or. Cependant, ensemble, ils créent un mécanisme chimique qui libère l'or de son inertie : l'acide nitrique assure l'oxydation, tandis que l'acide chlorhydrique fournit des ions chlorure qui lient et stabilisent immédiatement les ions d'or formés. Le résultat est une solution allant du jaune à l'orangé dans laquelle l'or n'est plus visible sous forme métallique, mais se trouve sous forme dissoute.
C'est précisément cette discrétion qui est devenue un bouclier au printemps 1940. Lors d'inspections ultérieures, on ne trouva aucune pièce d'or, aucune médaille, aucune preuve tangible – seulement un récipient de laboratoire contenant un liquide. Les prix Nobel étaient là, mais n'étaient plus reconnaissables.
Après la guerre, de Hevesy revint, récupéra l'or de la solution et le remit à la Fondation Nobel. De nouvelles médailles furent frappées. Cette histoire est si marquante parce qu'elle ne romantise pas l'or, mais le rend concret : l'or a de la valeur parce qu'il est rare et accepté – et parce qu'il reste physiquement stable, même s'il devient temporairement invisible.
La structure des médailles du prix Nobel constitue également un détail passionnant. Aujourd'hui, les médailles des catégories classiques sont composées d'or recyclé 18 carats et sont en outre plaquées d'or 24 carats ; le poids cible est de 175 grammes. Cela montre à quel point l'histoire, la symbolique et le matériau sont étroitement liés – jusqu'aux indications de poids en grammes que l'on peut mesurer.
| Indicateur | USD par once d'or fin | EUR par once d'or fin |
|---|---|---|
| Actuel (20.01.2026) | 4.758,55 | 4.059,35 |
| Plus haut du jour | 4.766,24 | 4.065,30 |
| Plus bas du jour | 4.660,48 | 4.004,80 |
| Variation par rapport à la veille | +87,66 | +49,35 |
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Matériau (aujourd'hui) | Or recyclé 18 carats, plaqué 24 carats |
| Poids cible (médailles classiques) | 175 g |
| Valeur calculée de la teneur en or (18K = 75%) | env. 131,25 g |
| Diamètre | 66 mm |
Lorsque l'or atteint de nouveaux records aujourd'hui, on parle souvent de sécurité. L'épisode de Copenhague révèle une vérité rare, presque poétique, derrière la physique : l'or n'est pas seulement un bijou ou un investissement. C'est de la chimie, de l'histoire – et parfois le camouflage le plus élégant au monde.
Restez prévoyant, votre Helge Peter Ippensen
Investissez simplement dans les métaux précieux physiques.
